Pianiste reconnu, compositeur prolifique et auteur d’ouvrages musicologiques, Stéphane Blet a d’abord parlé de la franc-maçonnerie de l’intérieur, dans le registre du symbolisme et de l’ésotérisme. Après sa démission, située par ses propres diffuseurs vers 2011, il transforme cette expérience en argument d’autorité. Son discours se durcit alors jusqu’à faire de la franc-maçonnerie le masque d’un pouvoir juif occulte. La rupture n’est donc pas seulement biographique : elle est éditoriale, rhétorique et politique.
Une carrière musicale précoce, entourée de récits promotionnels
Stéphane Blet naît à Paris le 9 mars 1969. Sa précocité pianistique est attestée par une discographie engagée dès l’adolescence et par un premier enregistrement consacré à Liszt. Il entame une carrière internationale au milieu des années 1980, grave notamment pour Philips et se spécialise dans le répertoire romantique. Les sources musicales disponibles confirment une activité soutenue de pianiste, de compositeur, d’enseignant et d’auteur. Elles recensent environ trois cents compositions, principalement pour piano, ainsi que des partitions publiées chez Combre, Alphonse Leduc, Zurfluh, Lafitan ou Fertile Plaine.¹
Les notices biographiques reproduisent souvent une formule spectaculaire : Byron Janis l’aurait « repéré », puis Blet serait devenu à New York le jeune assistant de Vladimir Horowitz. Le lien avec Janis est plausible et répété dans les biographies professionnelles. La fonction précise auprès d’Horowitz, en revanche, n’est étayée ni par une archive publiée du pianiste américain ni par une source musicologique indépendante identifiée. Elle doit rester attribuée à la biographie promotionnelle de Blet, et non présentée comme un fait définitivement établi.²
Sa production musicale ne se résume pas à l’interprétation. Il transcrit pour piano seul la Faust-Symphonie de Liszt, publie des œuvres pédagogiques et compose un cycle de rhapsodies turques et ottomanes. Plusieurs interprètes enregistrent ses partitions, parmi lesquels Natalia Sitolenko, Cyprien Katsaris, Jean Muller et Evelina Borbei. Le chiffre de « plus de trois cents œuvres », souvent repris, provient toutefois des présentations de l’artiste et des éditeurs ; faute de catalogue raisonné indépendant, il décrit un ordre de grandeur plutôt qu’un inventaire vérifié.³
Stéphane Blet (création numérique Jiri Pragman)



