Derrière le pseudonyme, un nom que les catalogues réduisent à une initiale : Henry-Stanislas-Athanase Joseph (1850–1931). L’abbé Tourmentin fut secrétaire général de l’Association antimaçonnique de France et directeur de sa revue – l’organisateur le plus méthodique de l’antimaçonnisme catholique d’avant 1914. Sa spécialité : la liste de noms.
Un pseudonyme devenu raison sociale
Né le 5 novembre 1850 à Champdeniers, dans les Deux-Sèvres, mort le 27 novembre 1931 à Sainte-Pezenne, Henry Joseph est ordonné prêtre dans le diocèse de Poitiers. Il enseigne à Arcachon, puis s’installe à Paris comme journaliste. Il y signe J. Tourmentin, l’initiale renvoyant au patronyme, et le nom de plume finit par recouvrir l’état civil : la Bibliothèque nationale de France l’enregistre encore aujourd’hui sous « Tourmentin, J. (1850-1931) ». D’autres pseudonymes circulent – Josepff, Misaine, J. de Villemont.1 Les graphies varient selon les notices ; Jean-Pierre Laurant écrit « abbé Joseff ».2
L’abbé Tourmentin (création numérique Jiri Pragman)
En 1897, il rejoint l’abbé Gabriel de Bessonies – qui signe Soulacroix – à La Franc-Maçonnerie démasquée.3 La revue mensuelle a été fondée en mars 1884 dans l’orbite de Mgr Fava, évêque de Grenoble, un mois avant l’encyclique Humanum genus dont elle met les thèmes en musique.4 Alfred Rastoul (1832-1905) en dirige la publication de 1884 à 1893, Bessonies l’anime ensuite. Tourmentin en assure la direction de 1905 à 1922 selon le catalogue de la BnF.5



