Janvier 1896. Paraît à Paris L’Anti-maçon, organe de la Ligue du Labarum antimaçonnique. Léo Taxil y écrit sous le nom de Paul de Régis. À ses côtés figure Kostka de Borgia, pseudonyme de Jules Doinel, archiviste paléographe, ancien dignitaire du Grand Orient de France et fondateur de la première Église gnostique française durable de l’époque contemporaine. Sa séquence antimaçonnique est brève – de 1895 à 1897 pour l’essentiel. Elle éclaire pourtant un ressort central de l’affaire Taxil : l’usage du transfuge comme témoin d’autorité.1
L’archiviste d’Orléans
Jules-Benoît Stanislas Doinel du Val-Michel naît le 8 décembre 1842 à Moulins. Après une formation religieuse commencée chez les jésuites puis au grand séminaire, qu’il quitte, il entre à l’École impériale des chartes. Il obtient en 1866 le diplôme d’archiviste paléographe avec une thèse intitulée Essai sur la vie et les principales œuvres de Pierre de La Palu, patriarche de Jérusalem. Sa carrière le conduit notamment aux Archives départementales du Cantal en 1871, puis à celles du Loiret, qu’il dirige de 1875 à 1895.2
Jules Doinel (création numérique Jiri Pragman)
Doinel appartient au monde savant de son temps. Il publie des inventaires, des éditions de documents et des études d’histoire locale. Ses travaux orléanais touchent aussi à Jeanne d’Arc et à sa famille. Ce détail prendra une autre signification lorsque l’archiviste mobilisera la Pucelle dans ses écrits antimaçonniques.3



