François Asselineau
Le réseau imaginaire
Haut fonctionnaire devenu chef d’un parti souverainiste, François Asselineau revient régulièrement sur la franc-maçonnerie dans ses interventions publiques. Il n’est pas antimaçon au sens idéologique du terme. Son discours est plus subtil – et, pour cette raison, plus efficacement diffusable.
François Asselineau nie être franc-maçon. Il l’a redit à plusieurs reprises, avec une impatience croissante face à ce qu’il appelle des « débats oiseux ». Pourtant il revient sur le sujet. Régulièrement. Les discours récents de l’UPR (Union Populaire Républicaine), ses apparitions sur des plateformes alternatives, ses réponses aux internautes contiennent un corpus cohérent sur la franc-maçonnerie, ses réseaux supposés et son influence présumée sur les institutions françaises. Ce corpus mérite d’être examiné pour ce qu’il est : un antimaçonnisme diffus, non revendiqué comme tel, et d’autant plus efficacement circulant.
François Asselineau (création numérique Jiri Pragman)
Le procédé
Le dispositif rhétorique d’Asselineau repose sur une structure constante. Il commence par la dénégation : il n’est pas franc-maçon, il ne s’en prend pas à l’institution comme telle. Puis vient l’affirmation d’une expertise : il a étudié le sujet, il connaît les obédiences, il sait ce qu’elles font. Enfin arrive la thèse : la franc-maçonnerie, et plus particulièrement le Grand Orient de France, constituerait un réseau d’influence opérant dans l’ombre des institutions, pesant sur les débats législatifs, orientant des carrières et des votes.



