En 1879 et 1880, deux ouvrages antimaçonniques paraissent sous la signature « E. d’Avesne » : La Franc-maçonnerie et les projets Ferry et La Franc-maçonnerie au pouvoir. 1789-1880. Leur auteur est Frédéric Rouvier, prêtre de la Compagnie de Jésus, né en 1851 et mort en 1925.¹ Peu connu aujourd’hui, il appartient à cette génération de publicistes catholiques qui interprètent l’installation de la République comme l’aboutissement d’une entreprise maçonnique.
Ses livres sont encore réédités. Leur circulation contemporaine explique l’intérêt qu’ils conservent comme objets d’étude.
Dans la lignée de l’antimaçonnisme catholique
L’antimaçonnisme catholique français du XIXᵉ siècle doit une part importante de sa production à des ecclésiastiques. Augustin Barruel, ancien jésuite, avait fourni dès la fin du XVIIIᵉ siècle la matrice d’une lecture conspirative de la Révolution française. Mgr de Ségur, Mgr Fava, le jésuite Nicolas Deschamps et d’autres auteurs prolongent ensuite cette généalogie.
Publié après la mort de Deschamps et complété par Claudio Jannet, Les Sociétés secrètes et la Société développe sur plusieurs volumes l’idée d’une action continue des sociétés secrètes contre l’Église et l’ordre social.² Rouvier reprend ce cadre interprétatif. Il ne possède toutefois ni la notoriété de Barruel, ni l’autorité épiscopale de Fava, ni l’ampleur doctrinale de Deschamps. Son rôle est celui d’un vulgarisateur polémique, intervenant dans une conjoncture précise : l’offensive républicaine contre l’influence des congrégations dans l’enseignement.
La notice d’autorité de la Bibliothèque nationale de France retient les dates 1851-1925. Certaines notices commerciales le font naître à Marseille le 21 mars 1851 et mourir à Lyon en 1925.³ Ces lieux n’ont pas été confirmés par une source biographique jésuite ou un acte d’état civil consultable.
Création numérique Jiri Pragman (il ne semble pas exister de portrait de cet auteur)



